Même s'il n'y a pas de statistiques officielles on sait par de très nombreux témoignages et enquêtes que beaucoup de mexicains, mariés, entrent dans une sous-culture de rencontres de même sexe dans laquelle ils insistent pour jouer le rôle dominant d'un homme homosexuel. "Leur mentalité c'est : "OK, je vais jouer le rôle du mâle et apprendre à ce petit gay ce qu'est un vrai mec."
Beaucoup de personnes qui se livrent à de telles pratiques bisexuelles ont souvent des épouses à la maison, ignorant ce qui se passe quand les hommes quittent la maison. Le plus souvent tout se résume aux rôles traditionnels homme-femme. La chose normale est celle des hommes avec les femmes, pas plus règles. Mais après vous vous rendez compte : "oh, mon Dieu, j'ai une attirance pour un autre homme." Que faire sinon continuer dans la discrétion... ?
Il s'ensuit alors une pratique discrète et régulière de rencontres du même sexe. Mais comme dans des relations hétérosexuelles, le plus souvent ce sont des pratiques non protégées : il ne peut rien arriver à des machos sauf si bien sur, les machos se montrent curieux de plaisir qu'ils ne soupçonnaient pas.
Selon Carlos Chavez il y a plusieurs raisons derrière les pratiques dangereuses - un sentiment d'invincibilité macho, l'influence de drogues ou d'alcool, et parce que le port du préservatif, c'est "comme lécher une sucette encore enveloppée."
Mais la cause profonde c'est l'estime que l'on a pour les femmes mexicaines. Il s'agit d'une estime qui conduit aussi à la frustration sexuelle de la part d'un mari sexuellement curieux. Pour du sexe oral les hommes doivent trouver en dehors du mariage. "Ils ne vont pas le faire avec leur femme. Elle embrasse les enfants." La Esquina, une petite discothèque gay de Mexico, est bien connue des hommes mariés. Sur la piste de danse des jeunes gays dansent lascivement. Des amateurs de sensualité, des hommes mariés assis au bar, scrutent la piste dans l'attente de leur prochaine rencontre homosexuelle alors que des travestis offrent le divertissement et l'évasion.
Un seul panneau a l'extérieur : La Esquina n'attire pas l'attention, c'est un refuge caché pour beaucoup d'hommes dissimulant ce qu'ils désirent vraiment.
"Leurs épouses pensent que leurs fantasmes sont sales, alors ils vont voir ailleurs" raconte Ivan, de Coyocan un habitué de La Esquina, souvent dragué par des hommes que les femmes attendent à la maison .
"Beaucoup, beaucoup d'hommes hétéros ne viennent pas pour une relation, mais pour une nuit de folie, dit-il, avant de rejoindre son petit ami sur la piste de danse. Salvador, cinquante-cinq ans, sait qu'il n'est pas hétéro, mais il ne se considère pas gay non plus. Père de quatre enfants et grand-père de huit, il travaille dans un bistro français du centre-ville.Tony, toute la nuit du samedi il passe des billets d'un dollar l'un après l'autre pour Alexis, une danseuse transsexuelle.
Pourquoi Alexis? "Parce qu'elle est le plus "macho", répond Salvador. "Elle ressemble vraiment à un homme."
Son style de vie, dit Salvador, l'a finalement conduit au divorce. Son orientation sexuelle ne plaît pas à ses enfants. Ce sont les seuls à savoir parce que "c'est une affaire privée."
(D'après une étude du Dr Carlos Chavez, Chicago)
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